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Histoire de l’escalade

L’Escalade est le nom de la fête célébrant le 12 décembre de chaque année la victoire de la ville de Genève. Celle-ci repousse une attaque du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602 (selon le calendrier julien). Le nom escalade vient du fait que les Savoyards ont tenté d’escalader les murailles de la vieille-ville au moyen d’échelles afin de tenter d’y entrer.

Il faut remonter à la fin du siècle pour retrouver les racines de l’escalade que ce soit en bloc ou en falaise.

Pour le bloc, à Fontainebleau, les tous premiers grimpeurs à s’intéresser aux rochers autrement que pour les tailler ou encore les peindre le firent en 1897. Puis, quant à la pratique de la falaise, il faut aller retrouver nos voisins anglais et allemands de l’est pour trouver les premiers exploits verticaux toujours à la fin du 19e siècle. Les berceaux de l’escalade rocheuse sont donc Fontainebleau en France, Dresde en Allemagne et Lake District en Angleterre.

Jusqu’aux années 1970, l’escalade a souffert de la popularité et de la médiatisation de l’alpinisme car il était plus glorieux de se hisser sur les plus hauts sommets alpins et himalayens que sur les falaises ou bloc.

Le premier 6e degré a été gravi avant les années 1920 à Dresde en Allemagne de l’est dans un style et des protections qui nous laissent encore rêveur. Le seul assurage accepté chez les Saxons sont des nœuds de cordelettes coincés dans les fissures et il est interdit de reconnaître les itinéraires du haut. Ces règles vont subsister jusqu’à ce que les grimpeurs européens viennent porter la bonne parole et permettre de réduire un peu ces règles locales… Chez nos voisins d’outre manche, un style va se développer, un subtil mélange d’engagement et d’escalade dite  » propre « . Ainsi, les pitons et spits ne sont posés qu’avec parcimonie.

En France l’escalade est la petite sœur de l’alpinisme, elle ne sert la plupart du temps qu’à se préparer pour aller en montagne.

Paul Preuss (autrichien), en 1911, réalise seul et sans moyen d’assurage une grande première en rocher. Hans Dulfer (allemand) démontre dès 1913 ses prodigieux talents en solo et invente de multiples techniques d’escalade dont celle qui porte aujourd’hui son nom. Emilio Comici (Italien), dans les années 30, enrichit l’escalade par l’esthétisme. Pierre Allain (Français), va poser quelques unes des bases d’un jeu avant les années 40 à Bleau : le bloc. Il inventera les chaussons.

Il faut attendre les années 60 pour que le phénomène escalade prenne une véritable identité. Au Etats-Unis l’escalade libre de haut niveau se développe de manière exponentielle.

Dans les années 70, en Allemagne de l’ouest, en Italie, en Angleterre, en Allemagne de l’est le jeu de l’escalade libre gagne du terrain sur l’alpinisme.

Il faudra attendre les années 80 pour voir ce phénomène se développer en France. La médiatisation de Patrick Edlinger marquera définitivement l’imaginaire collectif, l’escalade sportive est désormais installée.

En conclusion, il convient d’ajouter que ce qui frappe surtout c’est que le courant de l’escalade libre s’est développé dans plusieurs pays différents sans préméditation ni communication.

Voici quelques dates marquantes :

– Fin du 19e siècle :naissance de l’escalade sportive en Allemagne de l’est et en Angleterre
– 1910 : invention de l’espadrille à semelle de feutre qui va remplacer les chaussures à clous
– 1911 : les premiers mousquetons sont empruntés aux sapeurs pompiers par un allemand
– 1913 : Hans Dulfer atteint le niveau 5
– 1914 : Jacques de Lepiney réalise le premier 4e degré à Fontainebleau
– 1917 : premier 6a réalisé à Dresde en Allemagne
– 1934 : Pierre Allain atteint le niveau 5+ avec des espadrilles à semelle de caoutchouc
– 1948 : Pierre Allain invente le chausson d’escalade à semelle lisse (PA)
– 1960 : John Gill s’illustre en bloc et devient l’apôtre de la discipline, il utilise la magnésie de la gymnastique pour l’escalade
– 1968 : le Verdon devient la mecque de l’escalade
– 1965 : Claudio Barbier développe  » le libre  » en Belgique.
– 1970 : premier 7a de l’histoire aux Etat Unis
– 1977 : naissance du 8e degré aux Etats Unis par Pete Cleveland. Jean Claude Droyer s’octroie le premier 7a français au Saussois
– 1980 : l’escalade libre s’installe en France
– 1982 : émancipation de l’escalade grâce à la médiatisation de Patrick Edlinger
– 1983 : premiers 8e degré réalisés en France
– 1984 : le 8b est atteint par Wolgang Gullich en Allemagne. Le premier 8a de l’histoire du bloc est gravi par Jacky Godoffe
– 1985 : les murs d’escalade fleurissent un peu partout en France
– 1986 : naissance de l’escalade de compétition
– 1987 : Gullich invente le 8c en Allemagne au Frankenjura
– 1988 : Antoine Le Menestrel réalise le premier 8a à vue
– 1991 : le premier 9a est encore l’œuvre de Gullich
– 1994 : les pans d’escalade se généralisent chez les grimpeurs
– Fin de siècle : Côté masculin : 8c en bloc, 9a+ en falaise. Côté féminin : 8a en bloc, 9a/+ en falaise (Josune Bereziartu).
Le français Fred Roulhing annonce du 9b en falaise aux Eaux Claires (mais il est difficile de valider ce niveau par la faible fréquentation de ces voies). 
– 2012: Premier 9a flash de l’histoire par Adam Ondra (Southern Smoke Direct à Red River Gorge) 

Publié le : 02 novembre 2012 par Charles Loury 2714 vues

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