En recommençant à grimper en février, je ne savais pas si j’avais envie de refaire des compétitions. Et puis je me suis dis « pourquoi pas? ». Donc je suis allé sur les championnats de France jeune avec l’envie de redécouvrir la compète comme je l’aimais avant, et surtout, faire en sorte de ne pas me mettre la pression, juste profiter d’un nouveau mur, de nouvelles voies à vue et de l’ambiance de la salle et des encouragements de Christopher pour profiter au maximum de ma compète ! Je savais que cette compète était sélective pour les compètes internationales jeunes mais je n’y ai pas pensé du week end !
A l’entrainement, je me trouvais vraiment nulle à chier ! Donc je suis arrivée au France vraiment sans aucune pression ! Je ne savais même pas si j’irais en finale ou pas.
Quand j’ai vu les voies de qualif, j’avais juste envie de grimper. Je savais que c’était mon style de voie : un mur pas très haut, des voies pas très longues et dans un profil presque vertical, là où il faut serrer les prises et tortiller des fesses ! Les qualifications se sont bien passées, j’ai sorti les deux voies. On a été que trois à sortir les deux. Ca m’a donné confiance et je me suis rendue compte que j’étais pas si mauvaise que ça, mais pour moi c’était surtout de la chance, ca ne pouvais être que ça parce que je ne pensais pas avoir le niveau !

En iso pour les demis, j’étais super impatiente de sortir et grimper ! J’avais oublié combien c’était pénible les heures d’isolement ! Mais il y avait un point positif par rapport aux années précédentes, c’est que cette fois si, je ne succombais pas au stress. Vous savez, rester enfermer dans une salle pendant plusieurs heures, ca participe à nourrir notre stress parfois. En tout cas pour moi avant c’est ce qui se passait. Alors que là, j’avais juste envie de sortir et grimper.
J’ai pas été fan de la voie qui nous était proposée en demi-finale. Le début était trop facile d’après moi, le dévers se faisait sans trop de peine et puis d’un coup on tombait sur des réglettes dégueu et un mouvement loin et dur. Résultat, on tombe toutes dans un mouchoir de poche, sauf Hélène et Julia qui ont tiré leur épingle du jeu ! Chapeau !
Je sors 3ème des demis, ex-æquo avec Fanny Gibert, ce qui me fait passer dans le milieu des filles pour la finale. L’ordre m’importe peu, l’important c’est pas quand on grimpe c’est comment on grimpe.
En isolement, Julia et moi avions fait nos pronostiques et d’après nous, on aurait du se retrouver juste à gauche de notre demi. Loupé ! On check toutes les étiquettes au pied du mur jusqu’à la dernière pour nous rendre compte que nous étions en fait invitées à grimper sur le mur de vitesse !
Cette voie nous à toutes laissées perplexes je dois dire ! Le début ne paraissait pas facile mais c’était rien comparé à la seconde partie de la voie, où il y avait une boucle par la gauche. Je vous assure qu’on l’avait toutes vue ! Mais le problème était qu’on ne savait pas comment la rejoindre. Alors on a toutes commencé à envisager de « cuter » la boucle et passer tout droit, mais les ouvreurs sont pas bêtes, ils ne nous ont pas donné le choix !

Quand c’est à mon tour de passer et que j’entre dans la salle, j’ai une sensation bizarre, j’ai envie d’éclater de rire et de pleurer en même temps ! Je comprends pas ce que c’est et je retiens mes larmes du mieux que je peux. J’arrive au pied me ma voie, je me dis que ca va pas le faire si je pleure, super la première compète de l’année ! Mais dès les premiers mouvements, je pense à autres chose : aux paillettes roses qu’il y a sur nos prises et que je n’avais pas vu à la lecture ! Je suis toute excitée de grimper sur des prises pareilles ! J’ai trouvé ce début de voie pas facile, mais j’arrive au repos qui se trouvait à l’endroit partait à gauche. J’ai pris le temps de bien lire la suite, parce que je ne connaissais pas les prises donc j’essayais de mieux capter la méthode de là où j’étais. J’ai regardé les prises du dessus pour voir s’il était possible de passer tout droit mais j’ai vite compris que non ! Et puis je suis partie assez rapidement dans la bonne méthode. Je ne me suis pas posé 10 milles questions, j’avais pas de pression donc j’ai grimpé à mon maximum sans trop d’hésitations. Après un mouvement délicat qui aura piégé la plupart des filles, ca déroulait pas mal mais je me suis vite fait rattrapée par mon manque de rési !
J’ai su que j’étais vice championne de France au dernier moment, après avoir vu Fanny et Julia tomber au mouvement délicat au début de la boucle, et après avoir patienté 4 bonnes minutes qu’Hélène passe le mouvement et s’envole en haut de la voie.
Je m’attendais pas du tout à faire un tel résultat et j’étais vraiment contente ! Ca m’a bien prouvé que j’étais pas obligée de m’infliger des entrainements soulants pour m’en sortir. Grimper avec la motivation ca suffit. Je suis consciente que ca ne suffira pas pour les coupes du Monde en sénior mais pour ca j’aurais plus de temps pour me préparer.
J’ai également participé au championnat de France de vitesse, où j’ai fais 5ème. C’est une discipline qui prend de l’ampleur tout doucement. Je trouve ça un peu dommage d’ailleurs qu’il n’y ait pas plus de monde qui essayes parce que moi en tout cas j’adore ! J’en fait de temps en temps à Voiron avec les meilleurs français et je m’éclate bien ! En plus ca peut apporter du positif pour les autres disciplines donc c’est tout bénef !
Avec une deuxième place au championnat de France, j’étais plutôt bien partie pour être sélectionnée en équipe jeune. Mais il fallait quand même que je participe à la coupe de France d’Albertville, ce que j’ai fait, deux semaines plus tard.