Accueil > # Univers compétition > Un remaniement de nos règles de compétition imposé par l’Olympisme ?

Un remaniement de nos règles de compétition imposé par l’Olympisme ?

Le monde de l’escalade évolue, celui des compétitions aussi. Qu’on se le dise, l’intégration de notre sport aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 impose un remaniement de nos règles de compétition, afin de les rendre facilement compréhensibles par un public non-expert.

Les récentes modifications des temps de grimpe en finale sont déjà dues à cela. Passer de 8 minutes à 6 minutes en difficulté et de 4 minutes + le temps du dernier essai à 4 minutes maximum en bloc sont des changements de règlement qui ont été faits en vue de s’intégrer au mieux à la télévision. 

C’est pourquoi, durant la dernière conférence de presse de l’IFSC, les règles de calcul en compétition de bloc ont été abordées. En effet, selon Marco Scolaris, président de la fédération internationale, les scores de cette discipline sont compliqués à comprendre pour les néophytes. En effet, le système actuel n’a pas évolué depuis les dix dernières années et est parfois la cause de quelques litiges, même pour les plus aguerris d’entre nous. Complexe, il était évident qu’une intégration aux JO allait modifier ce mode de classement.

Ainsi, un groupe de travail a été créé au sein de l’IFSC. Le but ? Trouver une solution alternative au fameux système actuel « 3t7 4b6 » (lisez 3 blocs en 7 essais et 4 zones en 6 essais). 

Sean McColl, le représentant des athlètes au sein du bureau de l’IFSC, a déclaré que le système de points serait une solution envisageable, tout comme la méthode américaine de calcul de points. 

En Amérique, le système de calcul des classements est bien différent du nôtre. Toutes les prises des blocs sont numérotées. Ainsi, on comptabilise la prise la plus haute atteinte par le grimpeur. Ensuite, on considère chaque bloc comme une propre compétition. À l’issue de chaque bloc, un classement est établi entre tous les grimpeurs. Puis, à la fin de la compétition, un simple calcul permet d’obtenir le classement final par rapport aux « minis classements » de chaque bloc.

Lors de l’Assemblée Générale de l’IFSC au Québec, le format de la compétition lors des JO a été abordé.

Quelques précisions ont été apportées:

  • La compétition, qui se déroulera sous le format d’un combiné, ne comportera pas de phase de demi-finale. Des qualifications, les meilleurs athlètes iront directement en finale. 
  • Justement, le nombre de finalistes sera de six.
    À noter que le principe de « lucky loser » sera appliqué en vitesse pour les grimpeurs classés 7ème et 8ème en 1/8ème de finale. En effet, le nombre de six ne permet pas le système de duel, car il y aurait alors trois duels de deux grimpeurs, et donc trois vainqueurs à chaque fois. Du coup, pour le tour suivant (les 1/2 finales), les duels ne peuvent plus fonctionner puisqu’il a trois grimpeurs. Il faut donc un multiple de 4 pour que les duels puissent se jouer. C’est pourquoi, les 7ème et 8ème grimpeurs seraient repêchés, d’où le nom « lucky loser ». 
  • La compétition commencera par la vitesse, puis le bloc et enfin la difficulté. Ainsi, un programme prévisionnel pourrait être:
    Jour 1: Qualification vitesse
    Jour 2: Qualification bloc
    Jour 3: Qualification difficulté
    Jour 4: Finales (vitesse, bloc, difficulté)
  • Enfin, le classement final sera calculé en multipliant la position de chaque athlète dans chaque discipline. Plus le score sera bas, mieux le grimpeur sera classé.

Les critères de sélection pour participer aux Jeux Olympiques seront communiqués d’ici le mois de Juillet. Il semblerait que seuls deux athlètes hommes + femmes soient autorisés par pays. 

6 plusieurs commentaires

  1. Précision : les quotas sont de 20 hommes et 20 femmes !

  2. Un score « prise par prise » risquerait de limiter l’originalité des passages, en rendant le bloc une sorte de « mini-diff »… Et sinon il est marrant cet argument concernant l’age du règlement!!!

  3. Finales des trois disciplines en UN jour?! Y’a pas bug ici? Moi je veux bien (même pas vrai), mais les dirigeants n’auront qu’à fermer leur clapet si d’aventure on découvre que certains se shootent.

  4. « Et nous clôturons donc cette superbe finale de grimpe aux JO de Tokyo avec une magnifique voie de diff cotée… 6b ».

  5. Après avoir regardé les compétitions américaines, il me semble que lleur méthode de classement est plus juste.Par exemple entre un grimpeur qui atteint la prise de bonus au premier essai mais qui n’ira jamais plus loin et un autre qui réussira 3 mouvementsde plus mais seulement au 2ème essai, notre système donne l’avantage au premier, le système américain au 2ème. Pour moi c’est bien celui qui est allé le plus haut qui a réussi la meilleure performance.

    • je vais préciser mon propos…qui est un propos d’ouvreur.

      le score américain marche bien (pour le classement) si le passage est facilement intelligible et sans plusieurs méthodes possibles. Droite-gauche-droite-gauche. Il est idéal sur une « mini-voie » : 8 mouvements physiques et homogènes, sans surprises de lecture

      Il me semble pourtant qu’une spécificité du bloc par rapport à la diff est de proposer des situations particulières, qui sortent de cette logique, dont notamment:

      -passages avec des véritables « champs de prises » (ou volumes), dont parfois certaines servent juste à compliquer la lecture…regarder les semis de bercy 2016, les finales filles de ces championnats de france…

      -« renfougnes » (pour manque de terme plus approprié) que chaque compétiteur grimpe de façon différente. Voir CWIF 2016, par exemple.

      -horologes et similaires.

      -gros volumes que ne sont q’une et une seule prise du point de vue réglementaire, mais qui parfois se remontent…(un exemple chez les filles en semis à bercy?

      De plus un tel règlement changerait la priorité du grimpeur de « faire le bloc » à « arriver plus haut ». Déjà avec la prise de zone on voit que cela peut inciter à des méthodes bizarres…Et cela serait encore plus catastrophique dans les catégories jeunes: la lecture n’est déjà pas leur fort, les encourager à faire du une prise de plus coûte ce qui coûte » ne va pas les aider à réfléchir!

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*