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Le pan Güllich, un bon outil d’entraînement ?

 Tout d’abord, pour ceux qui ne connaissent pas la bête, voici quelques lignes (les accros liront « lattes » à la place) de présentation :

« Cet outil a vu sa popularité exploser dans les années 90, Wolfgang Güllich ayant systématisé son utilisation lors de sa préparation à l’enchaînement d’Action directe, premier 9a de l’histoire de l’escalade (…). On pourrait parler de poutre aux dimensions démultipliées : il s’agit en général d’un panneau de bois, légèrement déversant, muni de lattes plus ou moins épaisses, arrondies, et espacées ». Laurence Guyon et Olivier Broussouloux, Escalade et Performance, Editions Amphora.

Voilà, le cadre (en bois) est posé : il s’agit d’un outil. Et qui dit outil dit support, qui dit support ne dit pas finalité.

Le pan Güllich, un bon outil d’entraînement ?

1 La différence entre le bon outil d’entraînement, et le mauvais outil d’entraînement

Disons que le mauvais outil d’entraînement, tu le vois, et tu tires dessus. Alors que le bon outil d’entraînement, tu le vois, tu tires dessus, mais c’est le bon outil d’entraînement. Clin d’œil évident à un sketch bien connu, rien ne vaut un bon coup de latte quand ça fait « pan » (Güllich).

Et ensuite ?

Plus sérieusement, si on garantit le côté sécuritaire et ergonomique de l’outil (pas de préhensions traumatisantes, réception comme on les aime…), on peut presque affirmer que tous les outils sont bons pour s’entraîner.

Fin de l’article.

2 Pour ceux qui ont payé leur entrée et qui veulent en savoir plus

Voici donc une réponse en deux pans (Güllich) trois mouvements :

Un outil d’entraînement est toujours utile, dès lors qu’il est bien utilisé justement, et au bon moment. Pour qu’un entraînement soit qualitatif, il faut de la variété. Les outils jouent donc un rôle essentiel dans la progression. Et en ce qui concerne la préparation physique, soit vous aimez les programmes pénibles et répétitifs (merci à ceux qui les supportent !), soit vous changez la couleur de votre poutre chaque jour, soit vous variez les outils. Le pan Güllich est une valeur sûre.

Attention, nous parlons bien d’entraînement, et non d’outils de bricolage (en escalade, il est possible de visser les pieds à plat tout en étant crucifié, et de percer en ponçant).

Si en escalade, il est totalement exclu de faire toujours les mêmes voies, les mêmes blocs, les mêmes profils, on peut se poser la question pour le physique. Faut-il varier aussi ?

Intérêts de varier les outils en prep physique :

Préparation plus ludique, surtout quand on ne sait pas ce qu’on fait (ou ce qu’on nous fait faire).

Travail plus global, plus diversifié, excellente complémentarité avec le reste de la préparation, le corps ne se stéréotype pas à un type d’effort ou de contraction musculaire.

Intérêts de ne pas varier les outils en prep physique :

Facilité (relative !) d’analyse, connaissance de son corps plus rapide, ne pas se poser de questions pour laisser plus de place à une grimpe…variée.

Nous ferons l’impasse sur les inconvénients, ils sont évidemment simples à trouver.

3 Le pan Güllich, pour qui, pour quoi ?

Il est presque possible de tout faire : du concentrique, de l’excentrique, de la pliométrie, de l’isométrie. Des blocages aux jetés en passant par du no foot, tout y passe. Cet outil est redoutable, car finalement assez proche de la discipline. Il faudrait presque écrire un livre entier sur cet outil, notamment pour lister les exercices qu’il est possible de réaliser. Voici donc quelques informations et conseils en rapport avec le sujet de l’article :

1 Le PG est réservé aux grimpeurs confirmés

2 Il permet de travailler efficacement la vitesse de montée en force (serrer la prise au bon moment, sinon retour au sol) au niveau des doigts

3 Excellent outil pour développer la coordination, l’explosivité et le gainage

4 Les variantes sont multiples

A quoi s’attendre ?

Pour les efforts dynamiques, en montée : effets d’explosivité très rapides. Possibilité de faire 2 séances dans la semaine (attention à la perte de sensations en grimpe !)

Pour les efforts de type « blocage » : si niveau maximal, les effets se feront sentir au moins une semaine plus tard. Pour optimiser ce genre de séance, ne pas hésiter à coupler avec des montées sur lattes, rapides.

Pour les efforts de type excentrique (vous allez devoir freiner une descente) : si excentrique léger (hauteur faible), des effets intéressants au niveau musculaire. Si grosse décharge, risque immense de tendinite, massacre des fibres musculaires, mais avec suffisamment de repos une prise de force incroyable.

Pour la pliométrie : effets très rapide, à condition que l’espacement ne soit pas trop important entre les lattes, et qu’il n’y ait aucun temps d’arrêt entre la phase de descente et de remontée (pour profiter d’un effet rebond). Tendinite possible si trop de séances ou espacement trop important entre les lattes.

En général : à part pour les montées faciles (et explosives) ou la pliométrie légère, il faudra se contenter d’une séance par semaine. Si vous décidez d’en faire davantage (c’est possible !), mettez-vous en tête que vous ne récupèrerez pas suffisamment « nerveusement » entre les séances : vous rentrerez donc dans un cycle, qui fera effet plusieurs semaines plus tard : entre 3 et 12 semaines en fonction de la durée du cycle, et de son contenu. Attention, certains effets à court terme se feront rapidement sentir (grâce aux muscles peu utilisés habituellement, ou à une progression en coordination), mais ne vous faites pas avoir : nerveusement, vous serez encore fatigué !

4 Conclusion

Le pan Güllich est un excellent outil pour progresser, à condition de ne pas devenir « accro », et de garder à l’esprit qu’il s’agit de préparation physique. Les efforts ne sont pas anodins, la fatigue peut-être importante, et dès que vous dépassez une séance par semaine, il faut prendre en compte une « fatigue de fond », nerveuse, des sur-sollicitations tendineuses, et des modifications de fibres musculaires (par exemple ajout de sarcomères en série).

Cet outil est très intéressant, mais il faut apprendre à le dompter, et à analyser ses effets immédiats ou retardés. A titre personnel, dans les suivis à distance, je reste très prudent avec cet outil, car il est impossible d’en estimer précisément les effets, tellement les variables sont importantes : espacement entre les lattes, épaisseur des lattes, inclinaison…

Un outil génial donc, aux possibilités infinies, qui doit être abordé avec un certain nombre de connaissances et de réflexions à propos de l’entraînement. Néanmoins, il est loin d’être indispensable !

Dans tous les cas, le plus important, c’est de grimper !

Thomas Ferry – Préparateur physique en escalade

 

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2 plusieurs commentaires

  1. Pas facile à lire comme article…on comprend pas grand chose

  2. moi j aime!

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