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Quand l’olympisme donne le tournis à l’IFSC…

Après la première étape de coupe du monde de Chamonix où nous avons été parqués tel un troupeau de bétail au pied du mur, l’IFSC récidive sur l’étape de Briançon. En se moquant complètement de la recette qui faisait la magie et la médiatisation de cette étape, l’IFSC a démontré aujourd’hui toutes ses facultés à imposer des choix – SES choix – en-dehors de toute concertation avec les premiers intéressés ! Les photographes présents sur la compétition ont donc payé la note, salée… En interdisant l’accès au haut du mur, l’IFSC prive les photographes présents de l’exercice de leur travail. Elle prive également les organisateurs de l’événement de tout un ensemble de photos qui participent chaque année à la diffusion de notre sport auprès des sponsors et autres médias plus généralistes : l’étape de Briançon restait jusqu’à présent la seule étape sur laquelle il était possible de rapporter des images de qualité prises en haut du mur.

Il nous semble pourtant que ces photographies, qui captent le regard des grimpeurs ou encore leur visage, sont autrement plus valorisantes pour notre sport que des images prises depuis le bas du mur ou depuis une nacelle avec, en premier plan, des enceintes sono ou des caméras pour le streaming web…

Ci dessous, un exemple concret avec 2 photos de Kim Jain (Crédit Samuel Challéat).

Briançon_2°15_Sam_Challéat_Grimper_Mag

Laquelle de ces images vous semble la plus vendeuse pour médiatiser notre sport ?

Pire encore, l’IFSC n’a même pas eu le courage ni la décence de venir expliquer clairement ses choix. Les bruits de couloirs ont tout annoncé :

–   « Notre présence gênerait la qualité visuelle du streaming ». Nous ne nous savions pas si vilains…

–   « Vous gênez les grimpeurs en haut de la voie ». A croire que l’on se vache au relais et qu’on descend en rappel!! Cela fait pourtant des années que l’organisation fait confiance au professionnalisme des photographes autorisés (Planetgrimpe, Grimper magazine, Nono…) qui ont toujours pris soin de retirer leur objectif du champ visuel du grimpeur sur les derniers mètres de la voie. Mais ce n’est pas l’avis de l’IFSC, qui visiblement ne regarde jamais la presse travailler sur le terrain…

–   « Pour des raisons de sécurité » Mais alors pourquoi étions-nous autorisés à monter le matin pour les qualifs ? Pourquoi l’organisation a-t-elle pris le temps d’installer des lignes de vie derrière le mur pour sécuriser notre environnement de travail… ? 

 

Notre travail de journaliste / photographe / média doit-il se résumer à relayer des communiqués de presse officiels accompagnés de photos officielles ? Ce n’est pas cette conception là que nous avons de la presse ….

Bref, un grand merci à l’IFSC! La course à l’olympisme semble lui donner le tournis… Faisons attention à ne pas oublier les fondamentaux de notre discipline. Ceux qui font que l’on veut revenir sur un événement l’année d’après par exemple… La bonne humeur, le professionnalisme et le respect ne doivent pas être un discours de façade pour les touristes de passage dans la vallée.

Le ski est un bon exemple de sport « fun » qui a su s’intégrer aux JO avec rigueur mais sans faire d’excès de zèle. On vous laisse chercher quelques images de compétitions de freestyle, qui sont autrement plus vendeuses que la plupart des images de compétitions d’escalade. Et n’oublions pas que pour un sport, une image attractive permet de démarcher sponsors et partenaires indispensables à son développement, y compris dans la perspective de l’Olympisme…

Vous l’aurez deviné, nous ne publierons pas de photo des demi-finales dans ces conditions, et nous nous en excusons auprès de nos lecteurs, des organisateurs du mondial de Briançon et des compétiteurs qui méritent pourtant, à juste titre, d’être médiatisés.

Samuel Challéat (Photographe pour Grimper Magazine sur cet événement),

Jan Novak (Photographe indépendant)

Lucie Thomas & Charles Loury (Photographes pour PlanetGrimpe)

 

Publié le : 18 juillet 2015 par Charles Loury

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